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jeudi 29 juin 2017

Echo de la conférence de Nathalie Jaudel
22 juin Reims
C.Stef
Nathalie Jaudel  donnait une conférence jeudi 22 juin à Reims,  en clôture de la session 2017 des Antennes clinique d’Amiens et de Reims, sous le titre, Le racisme et le corps.
On pourrait citer de nombreux articles et ouvrages de psychanalystes lacaniens qui ont fait le choix de sortir de leur réserve pour contribuer au déchiffrage du malaise dans la civilisation, devenu symptôme de l’Autre qui n’existe pas.
Racisme,  violence et terrorisme prolifèrent,  animés, toujours plus par la pulsion de mort. Mais pas que par la pulsion de mort. Ces phénomènes ne sont pas résorbables par les seules  nécessités de la jouissance.  Sous le titre, Le racisme et le corps, Nathalie Jaudel a centré sa conférence, sur l’invidia, l’envie, l’envie mauvaise que suscite le spectacle de la satisfaction obtenue par l’autre, le prochain l’étranger, inquiétant d’autant plus que familier, avec sa façon de vivre, son style, ses usages de l’image,  ses usages du corps, ses pratiques d’échange, de liberté ou  de soumission,  ses croyances, ses certitudes .. …. Quelques thèses suscitent le débat sur ces questions et c’est tant mieux.  Car les questions que posent le racisme les radicalisations de tous ordres  sont loin d’être tranchées.
Quand Lacan lance, L’inconscient c’est la politique,  le 17 Mai 1967, on entend  que les enjeux de la politique peuvent être déchiffrés, dans leur valeur singulière, au un par un, et on entend  aussi qu’il est sans doute possible à partir de ce déchiffrage, de s’orienter quant aux moyens de parer à la destruction de ce qui fait société, ce qui fait lien social civilisé.
Aujourd’hui la destruction est mise en œuvre par les différents variantes de la haine, de la honte, du ressentiment, et de la pulsion de mort, et aussi par la fureur aveugle d’une logique financière planétaire qui n’a, comme la science, ni âme ni conscience : ruine de l’âme, et de la civilisation, rejet du sujet parlant .
On peut à partir de ces points,  rechercher les causes de la radicalisation en France du coté des conséquences de la colonisation, mais aussi  du coté de l’ultralibéralisme qui d’une main fait s’équivaloir les objets de la consommation mondialisée, et de l’autre paupérise, ségrègue violemment un nombre de plus en plus grand d’hommes et de femmes qui se trouvent exilés de force, exclus de tous les circuits d’échange,  éventuellement candidats ou victimes  de mort violente.
C’est ce que Nathalie Jaudel a déplié ce 22 juin, en centrant son propos sur certains visages de la question.

La psychanalyse propose un tu peux savoir,  tu peux ne pas oublier, que la haine peut venir aux commandes, en tant qu’il est quand même plus supportable de faire porter à l’autre le poids de ce qui s’en va et qui revient, grimaçant, toujours à la même place, pour chacun.